Un Dragon dans ma nuit: rencontre avec Iron, Essence de Dragon

    

 

Ce soir là, je fermai paisiblement les yeux, après avoir fredonné un air envoûtant et mélodieux, à mi chemin entre berceuse et incantation, issu de « je ne sais où »….

Sans la moindre idée d’une quelconque notion de temps, je me retrouvai dans un lieu étrange et familier à la fois, fait de roches, de grottes, de somptueuse poussière, et de cailloux pas si quelconques. Il était tellement accueillant cet endroit….Je tombais en contemplation.


– « Bonjour Christelle », déclama une voix délicieusement déshumanisée. Il était là. Majestueux. Immense. Et bienveillant. Un dragon qui dégageait une paisible force, une grande douceur et une impressionnante beauté. Par beauté, je ressentais « sagesse ».
« Alors ça y est, tu es enfin venue. »
– Comment suis-je arrivée ici ?
-J’ai entendu cet appel au plus profond de toi.
-De mon âme ?
-Si tu souhaites l’appeler ainsi…
– Où suis-je ?
– Chez toi. Dans ta maison.
– Je veux dire, où est-on ?
– Dans ton cœur.
– Mais pourtant c’est si réel ! Sommes-nous sur une planète ? Sur la Terre ? Ailleurs dans l’Univers ?
-Nous sommes partout où tu le souhaites.
– Cela n’existe pas physiquement alors ?
-Ta corporalité, ton humanité, cherche à trouver des réponses. Elles sont justes si tu le souhaites. Réelles si tu y crois. Et en même temps, elles n’ont aucune texture, et pas vraiment de réalité sur ton plan terrestre. Tout en étant bien là. »
Un peu hébétée par ce monologue perçu mais pas tout à fait assimilé, je contemplais encore tout autour de moi.
– C’est toi Iron ?
– Je suis Iron, fils d’Irion, mais ça, tu le sais déjà. Tu sais ce que je suis… Je suis qui tu es. »
Les mots raisonnaient en moi comme des énigmes, et pourtant, tout était là, tout me semblait si évident….
Je me sentais effectivement dans ma propre demeure… Un espace qui m’avait semblé si loin, et qui avait toujours été en moi. Un lieu protégé que j’avais probablement rendu inaccessible par un quelconque sort, inopinément sorti de mes propres paroles.


– Peux- tu me raconter des choses sur toi ? Sur moi ? Sur ce que nous faisons ici ?
-Je te dirai tout ce dont tu te rappelles. Le peuple Dragon est intemporel. Il a vu la naissance des planètes, des galaxies…il est une part de l’Univers, tout comme toi. Il est. Il a vu l’arrivée de nombreuses peuplades. Il a assisté à la naissance de l’humanité. Il l’a côtoyée sur la douce et accueillante Terre. »
Ses mots n’étaient plus de simple mots. Ils étaient images et sensations. Je ressentais TOUT ! Intensément.
– « Nous étions légions. »
– « Qui ça, nous ? »
– Les Êtres. Ceux que nous appelez chimères, Dragons, et tout un tas d’autres dénominations, parce que pour l’humain les mots importent parfois plus que l’Essence. Gaïa était on ne peut plus vivante, riche et abreuvée d’une formidable diversité d’Êtres. »
– Elle ne l’est plus ?
– Elle l’est toujours. Certains ont simplement changé de fréquence.
– Je ne comprends pas.
– ça va venir. Ça va revenir. Tu ressentiras à nouveau. »

 

Peu à peu ma bouche laissait plus de place à mon cœur. En moi vivait ce qu’Iron me racontait.
« Nous tous, les Êtres, vibrions de milles feux. Nous étions. Simplement. Et cela était évident. Pour Tous. Et puis nous avons assisté à des périodes que l’humanité décrirait certainement comme plus sombres. C’était simplement des vibrations. Autres. Tout aussi entières que nous. Des vibrations qui avaient elles aussi leur existence, leur raison d’être. »
Il me montrait alors ce qui me sembla une scène de chaos. Chaque fibre de mon Être ressentait ce qui s’apparentait à une pluie de météorites. A des explosions, des fusions de flammes, de terre, de végétaux, de matières organiques. A des nuées de poussières qui s’entremêlaient bruyamment. Mon corps me semblait tremblant. Mon cœur. était si tranquille. « So quiet »…
– «  Qu’est ce que c’était ? »
– Un changement. Un repositionnement. Une acclimatation. Quel mot te parle ? »
– Je ressentais à l’intérieur ce besoin d’adaptation, de vibrer autrement.
Mais ma corporalité me parut déchirée. En deuil. En totale déliquescence. Déchiquetée. J’étais sûre d’avoir assisté, d’avoir été le témoin et d’avoir vécu en mon propre corps une scène de fin d’un monde.
– « C’est ce qu’a ressenti l’humanité à ce moment là. Un sentiment de fin, même s’il n’en n’était rien.
Mais l’humanité a cru à un choc dont elle ne pourrait se remettre. Elle s’est sentie désunie, jusqu’à l’intérieur de ses atomes. Elle s’est sentie coupée de sa base. De ses racines. Des racines de son Être profond. Elle s’est alors concentrée sur les racines fondées au sein de celle qui l’avait accueillie, la Terre. L’humanité s’est sentie Terrienne. Plus que jamais. Totalement. Entièrement.


Et elle a vibré sur les fréquences d’Être mortel. Uniquement mortel. L’humanité avait, en quelques instants, pensait-elle, (puisque le temps était la notion sur laquelle elle vibrait désormais)… expérimenté la mortalité et oublié tout le reste. Tout une partie de ses racines profondes.
Un sentiment de tristesse envahissait alors une part de moi.
– «  C’est cela. T’en souviens-tu ? Te souviens-tu également de la totalité ton Essence ? »
Je ne sus répondre, et je laissai ce film se dérouler en moi, et sous mon regard.
– «  L’humanité avait inscrit en elle ce changement. Mais n’avait pas changé sa vibration. Cependant, elle scrutait tout autour d’elle avec un regard qui lui parut nouveau. Elle regarda la totalité des Êtres qui l’entouraient. Elle vit à nouveau la diversité. Mais ne la ressentait plus en elle. Elle ne l’accueillait plus en elle, comme un seul et même tout. L’humanité émettait sur des fréquences de scission, de séparation. Elle se sentait scindée.
Lors de ce changement, chaque Être avait ressenti une part de mortalité en soi. Mais seule l’humanité l’avait inscrite en elle au point d’en faire son principal repère.
– Et que s’est-il passé ensuite ?
– Que ressens-tu ?
-De la colère. L’humanité était en colère de découvrir qu’une part d’elle, de son existence, de sa corporalité était mortelle ?
-De la colère d’avoir oublié que l’âme de chaque être voyage. Que le changement n’est pas seulement ce que l’on ressent à un moment. Que le changement EST. »


Je ressentis alors cette douleur humaine voyant autour d’elle des Êtres qui lui semblèrent totalement différents.
Ne sachant vibrer autrement, ne sachant intégrer à la fois sa propre Essence et ce changement, l’humanité ressentit de la fureur. Elle en avait totalement le droit. C’était son choix, ou son choix de vivre cela pour intégrer différemment ce changement. Elle se mit à ressentir et à envoyer de la douleur à tous les autres Êtres, qui eux, choisirent de respecter, cette douleur, d’intégrer une part de cette douleur, puisqu’ils étaient tous reliés (seule l’humanité l’avait oublié) et de disparaître.

– « C’est ainsi que les Dragons et tous les autres ont quitté la Terre alors Iron ?
– C’est ainsi que certains rentrèrent dans leurs demeures. Et que d’autres changèrent de vibrations, de formes, de réceptacle corporel.
-Je ne saisis pas.
-Une partie des Êtres, bien qu’ils étaient conscients de ne toujours faire qu’un, choisit alors d’expérimenter autrement. Certains réincorporèrent leur maison, ou leur Planète, qu’importent les mots. D’autres restèrent sur Terre mais n’étaient plus visibles des humains. D’autres encore expérimentèrent à leur tour l’humanité. Mais tous étaient étroitement reliés. Quasiment tous les êtres en étaient conscients. Ils vivaient leur réalité, à la fois globale et singulière, générale et individuelle, tous à leur manière. Ensemble mais chacun à sa façon.
-Et l’être humain, lui, continue de chercher à ressentir ce lien qui nous unit tous ?
-A le ressentir et à l’expérimenter, à défaut de le voir ou de s’en souvenir.
– Crois-tu que l’humanité toute entière parviendra à s’en souvenir un jour ?
Iron me fixa d’un d’air aussi sage que mutin…
– Les mots, la temporalité, si chers à nos parts d’humanité », souriait-t-il…
Je crus ressentir que nous savions déjà tout cela. Je ressentais, sans chercher à comprendre. Je vibrais cela. Je sentis même qu’une part de nous s’en souvenait clairement…

Mon Être se souvenait. Nous étions liés. Notre mortalité n’était qu’une part infime de notre Essence. Elle était, nous l’avions expérimenté, et nous voulions à nouveau expérimenter tout le reste de ce que nous sommes.

Encore fallait-il y accéder à nouveau… S’y reconnecter. Entièrement. De tout son Être.. son Essence. C’était si évident. C’est avec cette sensation d’évidence, nourrissant chaque cellule de Moi, que je me réveillai, ce matin-là.

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