Consommer local, pour ou contre ?

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Comme de coutume, lorsqu’un sujet commence à être abordé régulièrement on a droit à des « cours », des « conseils » de la part de toute sorte de spécialistes qui veulent nous imposer leur avis.

Moi mon truc c’est l’alimentation en conscience, et pour moi cela ne consiste pas uniquement à manger en conscience, mais également à choisir mes produits en conscience. Alors est-ce que je ne consomme que local, pas tout à fait, mais je suis en accord avec moi même et ça c’est déjà pas mal.

Manger local, ça veut dire quoi ?

Rien que sur ce point, il faut déjà mettre tout le monde d’accord. C’est acheter dans un rayon de 15, de 100, de 500 km ? Uniquement en France ?

On nous a sorti une définition officielle histoire de parler de la même chose, donc « scientifiquement » on parle de « kilomètres alimentaires » et au dessus de 500 km un produit ne peux plus être considéré comme local.

C’est déjà loin 500 km, non ? Tout dépend pour quoi.

Pourquoi consommer local ?

La liste des avantages au « consommer local » est longue, je ne vais pas tous les détailler :

– Cela permet de manger des produits de saisons, cueillis à maturité donc plus riches en nutriments, donc meilleur pour la santé, et ayant plus de goût.

– Cela permet de soutenir l’économie locale, de préserver notre patrimoine et la diversité des cultures, d’encourager la vie communautaire et associative (par les biais de AMAP entre autres). Ce qui a pour avantages secondaires, en permettant au consommateur de rencontrer le producteur, d’en savoir plus sur le mode de production et d’avoir une meilleure connaissance du produit et de ses spécificités (toutes les variétés ne se valent pas)

– C’est bon pour l’environnement, tous les produits consommés localement n’ont pas besoin de voyager et on connaît bien maintenant les conséquences des transports sur l’environnement.

Dernièrement la ruche qui dit oui a lancé une pétition sur change.org pour demander aux ministres de nous cuisiner un avenir durable en favorisant l’alimentation locale :

Stop aux kilomètres dans mon assiette ! #fourchettepower

Si vous souhaitez plus d’informations je vous invite à visionner la vidéo ci dessous :

https://youtu.be/l7D3J9cUJzA

Soyons attentif !

– Consommation locale n’est pas toujours synonyme de consommation durable. En effet le mode de production a parfois plus d’impact sur l’environnement que le transport. L’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie), précise que c’est la phase de production qui pèse le plus sur les impacts environnementaux et notamment sur les bilans carbone. 57 % des émissions de gaz à effet de serre sont liés à la phase de production des produits agro-alimentaires et seulement 17 % au transport. A titre d’exemple, une tomate cultivée sous serre en hiver a un impact plus élevé en termes d’émissions de gaz à effet de serre qu’une tomate cultivée en plein champ (puisqu’elle ne requiert pas d’énergie pour chauffer la serre). Source Marine CACHOT pour EcoSocioConso

Il faut donc un minimum d’information sur le producteur, sa façon de travailler, les produits qu’il utilise.

– Un problème de disponibilité : tous les produits que l’on aime consommer ne sont pas disponibles localement. Il est difficilement imaginable de manger des bananes locales ! Alors faut il arrêter de manger des bananes ou non ? A chacun de faire son choix. De même suite à des phénomènes climatiques ou autres les producteurs locaux peuvent être limité en quantité et donc être rapidement en rupture de stock.

Et pour les épices ? Faudrait il faire une croix sur les épices et les arômes qui viennent de loin, plus de curry d’Inde, ou de Vanille de la Réunion ? (Personnellement j’en consomme toujours mais quand je peux le faire venir d’une connaissance je préfère, sinon je me dis que ce n’est pas lourd, il en faut des épices pour remplir un container !)

– Au prix. C’est un argument mis en avant par les deux parties. Certains diront que consommer local, réduit le nombre d’intermédiaires, le coût du transport et donc le prix. D’autres soutiendront que le producteur local, produira moins en quantité (c’est sûr si on compare aux gigantesques serres espagnoles), fera donc moins d’économie d’échelle et facturera plus cher.

– Cela peut être contraignant pour le consommateur en terme de temps. Consommer local nécessite généralement de revoir son organisation pour aller chercher et cuisiner les produits soit même. Cela implique également de mettre de côté certains produits sur certaines périodes et donc de se montrer plus créatif en cuisine pour varier les plaisirs.

Ce que j’aimerais :

– Que chacun se pose la question et fasse ses choix en fonction de ses valeurs, de son mode de vie, de ses priorités, de son budget … sans être jugés. Je pense que le plus important est de faire de notre mieux. Qui peut juger si il est mieux de faire ses courses chez le producteur local, de passer du temps à chercher des recettes et à cuisiner ou de consacrer du temps à jouer, à écouter et à rire avec ses enfants ? L’idéal serait de parvenir à faire les deux, on est tous d’accord avec cela mais est ce si facile ?

– Ne pas avoir l’impression d’être prise pour une idiote. Certains spécialistes, tous domaines confondus, pensent qu’ils sont tellement supérieurs aux autres qu’ils peuvent leur parler comme à des « débiles » ou utiliser des termes tellement compliqués que cela devient du charabia. De la même façon que j’apprécie quand mon garagiste me parle en terme simple et clair de la réparation à faire sur ma voiture, j’aimerais que nous puissions tous avoir accès à des informations claires et précises sur les étiquettes. On nous embrouille avec des termes compliqués, avec des codes, (qui plus est écrit en caractère minuscule) avec des informations nutritionnelles pas très claires …

Alors oui on peut s’y intéresser et apprendre à décoder tout cela, j’organise d’ailleurs régulièrement un atelier sur ce thème, mais honnêtement pour une personne qui va faire la démarche, combien seront découragés ?

– Ne plus avoir la sensation, que seul l’argent et les profits comptent. Oui c’est important que chacun puisse gagner sa vie mais quand je vois des aubergines espagnoles, ayant poussées sous serres, sans aucun goût vendues à 4 euros le kilo sur le marché de certaines villes, en pleine saison, alors que les producteurs à côté de chez moi et qui les vendent 1 euro le kilo, en ont tellement qu’ils doivent brader les caisses en fin de journée pour ne pas que les produits s’abiment, et bien je n’arrive pas à comprendre. Vous me direz que le consommateur final a le choix. Sur le principe oui mais pas vraiment, en l’occurrence ce jour là, nous avons eu beau chercher, impossible de trouver une aubergine française, en plein mois de juillet en France. Alors il faut changer le menu, pas si simple, cela nécessite encore du temps, de la réflexion de la recherche, nous ne sommes pas tous des chefs cuisiniers créatifs…

– Que chacun partage avec ses astuces et ses bons plans avec ses proches. N’hésitez pas à acheter en plus grandes quantité, à fabriquer, à réparer, à partager, à échanger, concrètement on peut faire de sacré économies et internet et là pour nous y aider. « échange lessive maison contre confiture avec fruits du jardin » « recherche bonne cuisinière avec un peu de temps pour réaliser des compotes avec le gros rendement de mon abricotier » Parce qu’on a parfois du temps mais pas les outils, ou l’inverse … entraidons nous le plus possible.

Alors demain tous consommateurs locaux, je ne pense pas, mais plus de consommateurs réfléchis et responsable je l’espère.

Camille

J’ai 36 ans et je suis maman d’une merveilleuse petite fille de 6 ans.

Avec « Les ateliers de Camille » j’ aide mes clients à développer une bonne relation avec la nourriture et avec leurs corps par le biais de conseils en nutrition, de massages et de soins énergétiques.

Travailler à mon compte me permet de concilier vie personnelle, familiale et professionnelle.

Je me considère en perpétuel apprentissage et souhaite continuer à faire et à partager mon petit bout de chemin.

Un commentaire Ajoutez le votre

  1. Romanat dit :

    Pour les amateurs habitants Lyon, Saint Etienne, Roanne, Valence, Marseille, nous vendons en direct de notre exploitation drômoise : abricots, noix et asperges avec du Goût. Si vous êtes intéressés abonnez-vous a notre newsletter ici https://directverger.fr/dates-ventes-directes-actualites/#newsletter Vous recevrez une fois par mois l’actu de notre ferme et les prochaines dates de livraison. Abricotement vôtre

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