Partage d’une nouvelle : La richesse de la différence

Depuis mon plus jeune âge, je me suis toujours sentie différente mais la différence a souvent été vectrice de souffrance. Depuis toute petite, j’ai des kilos en trop. Aujourd’hui, j’accepte mon poids mais il n’en a pas toujours été ainsi. Je me souviens encore des moqueries, des railleries de mes petits camarades et ce à tout âge. J’ai grandi avec ce sentiment de mal-être. Je me demandais pourquoi j’étais comme ça, comme si finalement je n’avais pas le droit au bonheur. Je subissais mon poids et l’opinion des autres. Tout ce qu’autrui disait prenait directement valeur de vérité. S’il tenait de tels propos, eh bien, c’est sûrement qu’ils ont raison. Pourquoi le dirait-il sinon ? Doudoune, la baleine ou d’autres petits surnoms du genre si chaleureux… Je trouvais la vie injuste car je n’étais pas comme il fallait, je ne répondais pas aux normes sociétales et on me le faisait bien sentir. Et puis, à 19 ans, j’ai connu la maladie. Elle s’est invitée dans ma vie et j’ai dû faire avec elle. La vie me semblait morne, terne. J’avais l’impression d’être un aimant à problèmes et ce dans tous les domaines. J’ai eu mes premières histoires sentimentales et puis là, ce fut un nouveau type de souffrance dont je faisais l’expérience. Beaucoup de personnes auraient baissé les bras mais j’ai décidé de me relever étape par étape, j’ai balayé tout ce négatif autant que je le pouvais. C’est là qu’un nouveau regard s’est mis à émerger.

Mon premier déclic, je l’ai eu par le biais de rencontres que j’ai faite qui ne sont aujourd’hui à mon sens pas le fruit du hasard. J’ai pris conscience des synchronicités que m’offrait la vie. À chaque expérience, chaque moment de la vie, j’ai rencontré des personnes qui par la suite m’ont aidé à me relever. Ça a notamment été le cas pour la maladie. J’ai eu la chance, oui, je dis bien la chance de rencontrer des personnes formidables grâce à elle. J’ai fait une rencontre qui a bouleversé ma vie, ma grande amie, ma confidente qui au-delà des frontières est toujours présente. J’ai décidé d’être reconnaissante envers la vie car c’est ma plus grande richesse aujourd’hui. Dans chaque événement négatif se trouve toujours du positif. Je suis certaine qu’en lisant ceci, vous vous direz, ah oui et où est le positif dans telle ou telle chose ? J’ai été comme ça mais j’ai pris le temps de tout observer, tout clarifier et le positif émerge toujours, même dans les pires moments de la vie.

Mon deuxième déclic, lui, s’est passé des années après. J’avais pour rêve de m’acheter un de ces appareils photo qu’on appelle Réflex et le jour où j’ai pu enfin me l’acheter ma vie a basculé, non pas par la possession de ce bien tant voulu mais pour le regard qu’il m’a apporté. J’ai eu l’impression de redécouvrir la beauté des choses, de renouer avec mère nature. C’est comme si quelque part, je n’avais pas pris le temps d’observer tous ces cadeaux que nous offre cette belle planète. Alors, j’ai photographié encore et encore. J’ai observé, contemplé, admiré tout ce qu’il m’était possible de voir. J’ai ensuite décidé de partager tout ça en partageant mes photos, en essayant de partager ce regard avec d’autres personnes. Je savais que tout le monde ne voyait pas les choses de la même façon, beaucoup sont trop pressés, trop happés par leur quotidien et ne prennent plus le temps de contempler la beauté de la vie. Encore aujourd’hui, j’ai l’impression de voir des automates se prêtant à un défilé, des personnes étant dans l’action plutôt que d’être et je suis triste. Oui, triste car ils passent à côté de tant de merveilles et sont-ils plus heureux en se pressant, en étant constamment dans cette urgence de rendement plutôt que l’urgence de vivre. Notre passage sur cette terre est limité en temps mais en avons-nous vraiment conscience ? La vie ne serait-elle pas plus belle en prenant le temps et en profitant du moment présent ?

Mon troisième déclic qui marque mon éveil s’est passé tout récemment. J’avais eu comme cette impression d’être tombée au fond du gouffre. Je laissais l’amertume et le regret diriger mes journées. La vie était sans saveur, rien ne se passait bien. J’avais cette impression d’être empêtrée dans cette situation et je ne savais plus comment m’en sortir. Vous savez, c’est cette fameuse sensation d’être au milieu de la foule en train de crier « à l’aide » et pourtant personne ne nous répond. C’est comme si on était invisible. J’ai entendu parler d’un outil de développement personnel, le Défi des Cent Jours de Lilou Macé. Je ne savais pas trop où je mettais les pieds mais je me disais que ça ne pouvait pas être pire et qu’au moins, j’essayais de faire quelque chose pour remonter la pente.

Que dire, à part que ce défi a changé ma vie et continue de la changer. Aujourd’hui, je ne passe plus mes journées au lit en pyjama à ruminer sur mon sort. Oh, ça n’a pas été facile mais j’ai décidé de m’en sortir et j’y suis arrivée. J’ai fait des rencontres extraordinaires et j’ai également fait un travail extraordinaire. J’ai repris goût à la vie, je dédramatise lorsqu’un souci pointe son nez. Finalement, c’est ça la vie, que seraient les hauts sans les bas ? Auraient-ils la même saveur ? Apporteraient-ils la même joie ? Je pense que ce sont d’importantes questions à se poser.

Nous avons tendance dans nos vies à voir la différence comme quelque chose de négatif, à la repousser comme si être différent, c’était mal. Mais pourquoi ? Parce qu’on est pas dans la norme sociétale ? Selon qui ? Selon quoi ? La petite fille que j’étais avec ses kilos en trop était jugée comme différente car pas dans une norme de poids. Mais, réfléchissez bien, est-ce que c’est un poids qui fait une personne ? Quand, je suis tombée malade, on m’a directement collé cette étiquette et tout le monde s’est mis à me plaindre « Oh, ma pauvre, tu n’as pas de chance… ». D’accord, je suis malade mais cela veut-il dire que je ne ferais rien de ma vie ? Lors de ces deux moments, j’ai ressenti le sentiment d’injustice de plein fouet car être différent, c’est mal perçu.

Jusqu’au jour où je me suis dit que la différence n’était peut-être pas une fatalité mais une chance. Elle devrait être une force et non pas une faiblesse. On stigmatise les gens différents, qu’ils soient en surpoids, malade, handicapés, sur leur apparence, sur leur situation matrimoniale car oui même le fait d’être célibataire et sans enfant à un certain âge est stigmatisant. Ce n’est pas rare d’entendre « oh, mais tu es trop difficile » ou bien encore « L’horloge biologique tourne ». Si l’on réfléchi bien, nous sommes tous stigmatisés et nous nous stigmatisons tous. Qui peut dire qu’il se sent en adéquation avec les valeurs sociétales à tous les niveaux ?

Le message que je voudrais faire passer à travers cet écrit, c’est que nous ne sommes pas la société. Nous devons nous concevoir dans notre individualité, dans nos différences. Ce n’est pas marginal d’être soi. Faut-il se perdre au profit d’une identité de groupe ? Il est encore temps d’être soi. L’autre message important que je voudrais faire passer est plutôt une interrogation « Qui sommes-nous pour juger ? » Nous sommes tous juges les uns des autres mais pourquoi ? Qu’est-ce que ça apporte ? De valoriser l’ego, de se dire qu’on a mieux réussi qu’un tel ou bien qu’on a ci et que l’autre ne l’a pas ? Qu’on a accompli ça et l’autre non ? Car finalement tout n’est que comparaison, comme si l’autre nous tenait et nous motiver à nous dépasser pour le dépasser lui-même. Est-ce que ça devrait vraiment être cela le but d’une vie ?

La vie n’est pas une compétition. À vouloir trop faire et surtout à faire plus que le voisin ou tel autre personne, ne risquons-nous pas de nous perdre nous ? Il n’y a pas de bon ou de mauvais moment pour se demander ce que l’on veut être, il y a juste « un » moment. C’est probablement l’instant T qui fera basculer toute votre vie. Parfois, c’est juste la peur qui nous empêche de prendre cette initiative car il peut arriver que ce que l’on est et ce que l’on veut être n’est pas en adéquation et ça nécessite de nombreux ajustements et ce à tous les plans.

Aujourd’hui, pour moi, la différence c’est une richesse, une abondance. Plusieurs points de vue sont souvent nécessaires pour aller vers le bon chemin. Ce n’est qu’une multiplicité d’êtres étant dans le respect les uns des autres qui ouvriront la voie vers quelque chose de meilleur. L’acceptation, la diversité, le respect, autant de points qui devraient revêtir le caractère d’universalité. La perfection est peut-être utopique mais un monde meilleur est toujours possible. Pour cela, il semble nécessaire de laisser la place à chacun d’être lui-même et ce sans jugement aucun.

La différence, c’est la beauté de l’autre.

A Propos de l’auteur

Anais Rodier
Anaïs, 31 ans, auteure et passionnée par la photographie. J’aime partagé avec autrui sur beaucoup de choses et notamment sur le développement personnel.

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. MAHAMDI dit :

    bonsoir je suis musulmane et j’ai lu votre article avec intérêt. Oui Dieu nous dit dans le coran que le meilleur d’entre nous c’est celui qui a un bon comportement : cela veut dire que l’on ne doit pas s’arrêter sur l’apparence, ne pas juger. Dans la classe de ma fille il y a une fille en surpoids et je pense qu’elle n’est pas bien pris en charge par ses parents vu son comportement (impolitesse) remarquée en classe par une maîtresse . Et malgré son surpoids, je voyais un enfant avant tout, elle est sociable et j’avais de l’amour pour cette fille car on la juge on l’étiquette de malpolie, de peste ( ainsi cataloguée par une maitresse).. pour moi c’est un être avec beaucoup de lumière comme tout enfant mais que l’on éteint à travers une mauvaise éducation.
    Je suis musulmane et l’on dit beaucoup de mal sur le voile (alors qu’il est pour la femme musulmane un signe de pudeur et non de renferment comme on souhaite tant le dire à travers les médias par exemple ou la classe politique). Il permet aussi de dire aux être humain qui nous croisent que voila ce n’est pas la beauté physique qui est important mais le bon comportement qui est la clé du paradis.
    Et justement c’est parce que la femme musulmane recèle beaucoup de sagesse à partagée qu’elle est si mal jugée par les médias. Alors surtout n’ayez pas peur de nous, de cette image de terreur que l’on nous colle sans cesse. Ayons le courage d’être ensemble, de prendre le temps de se connaitre et de bâtir ensemble une société qui vivra en paix.
    Paix Miséricorde et Bénédictions de Dieu sur vous

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