Être un parent Solo, cette autre réalité encore méconnue

Je suis parent solo de depuis janvier 2016.

Le père de mes enfants m’a quitté en juin 2014, puis j’ai quitté mon (ex) nouveau  compagnon en janvier 2016. Je travaille à mon compte de puis février 2016, précision importante car ma situation de parent solo a joué sur ma situation pro.

J’ai  2 garçons de 8 et 4 ans, en résidence chez moi, ils vont chez leur père 1 week-end sur 2 et la moitié des vacances.

Ce fût un grand bouleversement intérieur comme extérieur.

Il faut déjà que tu saches, que, cette situation, je l’ai aussi choisi. J’ai choisi de quitter la campagne Toulousaine pour revenir près de mes racines en disant adieu à la garde alternée, j’ai choisi de quitter mon ancien compagnon,  je ne regrette aucun de ces choix, j’aurais fini en dépression si je ne l’avais pas fait.

Mais je ne m’étais pas préparé à ça ! Ce que tu vas lire en dessous, c’est mon expérience, nous n’avons pas tous la même évidemment.

Faire face à l’isolement et le manque de relai.

Je pensais vraiment que ma famille et mes amis allaient m’aider, m’inviter, m’appeler : « Delphine ça va, tu ne galères pas trop ?  Comment tu t’en sors ? Tu sais, je ne suis pas trop dispo mais je pense fort à toi. » Voilà ce que j’aurais eu besoin d’entendre.

Et bien non, ils ont leur vie mais surtout, surtout, je pense qu’ils ne se rendent pas compte de ce que l’on vit quand on se retrouve toute seule avec 2 enfants! Attention, je ne leur fais aucun reproche, car…. Je ne leur ai même pas dit ce besoin! Et je sais qu’ ils passent leur temps à courir et beaucoup prennent peu de temps pour eux, boulot, enfant, dodo. Je n’accuse personne, le but n’est pas de faire des reproches déguisés, je te parle d’un fait réel : quasi personne ne m’appelait.

Les soi-disant amis que j’avais sur Toulouse m’ont tourné le dos quand j’ai pris la décision de partir, c’était à la base, les amis du père de mes enfants (au final vu ce que j’ai entendu, c’est plutôt une bonne chose).

J’ai trouvé le soutien dans mes copines, loin géographiquement hélas, qui sont soit mamans solo, comme moi, soit entrepreneuses, comme moi aussi, et un peu dans ma famille.

Ma famille proche m’a aidé ponctuellement.

Au début, il y avait beaucoup de tensions à la maison, je dormais peu, car mon plus jeune fils se réveillait la nuit. Avec, en plus, le stress de la fin de mois difficile, je criais beaucoup, j’avais la sensation de crouler sur les reproches et critiques (autant extérieurs, ceux que je pouvais entendre, que ceux que je me faisais à moi-même) et je culpabilisais beaucoup.

Les solutions proposées par les professionnels de la parentalité bienveillante étaient impossible pour moi à mettre en place, ce qui a encore plus creusé l’isolement et la culpabilité:

  • « passe le relai »! 22h… à qui ????? Je fais comment quand je suis épuisée car je dors 5h par nuit, parfois moins, que j’ai bossé toute la journée pour lancer mon activité, que j’ai le repas, les devoir, la maison à m’occuper, sans parler des disputes entre mes 2 enfants !
  • « prends du temps pour toi »… ok et tu vas faire les courses, le ménage et chercher les enfants à l’école ?

Et j’en passe…..

Même dans au niveau de l’entreprenariat je me suis sentie isolé : des entrepreneuses qui sont maman solo à quasi temps plein et qui arrivent à répondre à leur besoin financier grâce à leur activité, tu en connais beaucoup ? Moi non. Je connais les « sans enfants » ou « celles qui sont en couple » et qui ont un relai ou celles qui font un travail alimentaire à côté. Je n’avais aucun modèle sur qui me baser. J’ai dû apprendre à être mon propre modèle.

Je t’écris d’ailleurs cet article suite à des réponses que j’ai eu sur un post, dans un groupe dédié à l’infoprenariat et je me suis dit : c’est bien pour quelqu’un de seul ou en couple mais pas pour une mampreneuse solo comme moi !

Je me suis sentie isolé physiquement, socialement, moralement car je ne trouvais pas de solutions extérieures pour m’aider !

Je pleurais tous les jours et juste mes enfants pour me tendre un mouchoir.

girl-690327_640Je le savais, j’aurais du prendre des actions chez kleenex!

Les galères financières.

J’ai aussi dû faire faire face aux difficultés financières, chose que je n’avais jamais connu.

J’ai donc quitté mon compagnon de l’époque 1 mois avant de lancer mon activité, il me restait 1 mois d’indemnités pôle emploi, oui j’aime bien faire de grand saut dans le vide sans filet !

Tu peux aller directement à 0:50 min 😉

Toute seule avec 2 enfants, en ayant fait le choix de rester dans une villa, sans être sûre d’avoir de revenu, ce fût un choix aussi. Ancienne infirmière,  je ne voulais pas me relever à 5h du matin  ou et revenir à 22h le soir en laissant mes enfants à quelqu’un que je ne connaissais pas. Encore un choix à assumer.

Faire face à la peur de l’inconnue.

Et oui comme je ne fais pas les choses à moitié, j’ai une maladie auto-immune rare enfin diagnostiquée en avril 2014 (elle a commencé en 2009). Les poussées sont déclenchées par le stress et la fatigue.

Tu imagines donc ce que cela a donné.

Cette maladie pouvant évoluer très vite, j’ai flippé et je me suis confrontée à la possibilité de finir trachéotomisé en fauteuil roulant et laisser mes enfants sans maman.

Que vais-je devenir ?

Trouver d’autres solutions.

J’ai dû me débrouiller pour trouver d’autres solutions, prendre les problèmes un par un, et voir ce qui fonctionnait et ne fonctionnait pas, pour nous (moi et mes enfants). Là mes copines mamansolo m’ont beaucoup aidé (et je les remercie). Arrêter de prendre les vérités des autres comme étant la seule solution, m’organiser autrement, comme travailler le soir ou les w-e sans mes enfants.

C’est surtout en acceptant que j’avais ce statut là et en arrêtant de vouloir faire « comme les autres », que j’ai pu trouver ce qui me correspondait!

Travailler sur moi !

C’est ce qui m’a le plus aidé !

J’ai plongé encore plus à l’intérieur de moi, rencontrer mes souffrances, mes croyances, mon féminin blessé, mon enfant intérieur en souffrance, me pacifier avec mon masculin, revoir mon rapport à l’argent, augmenter ma valeur, observer l’amour que j’avais pour moi (pour co-créer cette vie-là et autoriser cela dans ma vie, autant te dire que c’était pas du hight level), devenir mon propre soutien (ma maladie auto-immune attaque mon cartillage, qui sert, entre autre, de soutien), mais aussi trouver les valeurs que je voulais ancrer dans ma vie et surtout qu’est ce que je voulais pour moi.

Faire le tri !

J’ai fait le tri autour de moi. Tu me critiques : get out! Tu ne m’acceptes pas comme je suis : get out. Oui radicale, certes, en même temps, penses-tu que j’avais besoin de ça? Penses-tu que c’était être dans la bienveillance envers moi d’accepter des personnes qui me rabaissaient ?

Et franchement je me suis sentie soulagée ! J’avais la sensation d’avoir un poids en moins !

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Même pas lourd…

Apprendre à être dans la douceur et la bienveillance envers moi, mais aussi être dans le discernement.

Je ne sais pas ce que c’était : la bienveillance et la douceur. Quand tu regardes mes expériences de vie elles sont très violentes. Et souvent, en plus, je m’illusionnais à fond ! Cela a été un gros apprentissage. Sortir de bisounours land pour m’incarner dans the humanland.

Et plus j’étais douce et bienveillante pour moi, plus je l’étais aussi pour mes enfants.

Au final ?

Avec le recul, cette période de ma vie a été une de celles où j’ai grandi le plus vite et j’ai tellement appris! J’ai vécu longtemps ce statut comme une fatalité, un truc hyper lourd à porter et au final, maintenant je le vois comme un tremplin, une des plus belles (et difficiles) expériences de l’école de la vie !

A tous ceux qui m’ont dit et qui ont pensé : « bien fait pour toi », ben raté, en fait ça a été plutôt good for me !

J’ai su aller chercher des ressources que j’avais à l’intérieur de moi, faire des choses dont je ne me sentais pas capable avant!

J’ai appris les bases de la création et gestion d’un site web et de webmarketing , d’un auto-répondeur, de facebook, de you tube et je gère tout, toute seule (je suis quand même aidé ponctuellement par mes amis geeks 😉 )

J’ai développé mon activité et je réponds à une grande partie de mes besoins financiers (heureusement la CAF m’aide un peu), en moins d’un an et demi.

J’ai appris ce que le mot s’autoriser à… voulait dire et surtout j’ai appris (et j’apprends toujours) à m’aimer et m’accepter dans toutes mes façons d’être, à arrêter de me critiquer à tout va.

J’ai appris à être mon propre soutien.

J’ai arrêté de faire des concessions. Je sais ce que je veux.

J’ai des liens forts avec mes enfants.

Je ne souhaite plus prendre l’homme comme bouche trou (sans mauvais jeu de mot 😉 ) et être prise pour un bouche trou, et encore moins pour un pot de confiture.

J’ai appris à croire en moi et en mes rêves.

J’ai appris à me faire confiance.

J’ai appris que j’en étais capable.

J’ai appris que j’étais forte !

J’ai appris qui j’étais! Je me suis connectée à une énergie plus grande en moi.

Je me sens libre et indépendante et je n’ai jamais été aussi heureuse qu’aujourd’hui, car c’est moi qui crée mon bonheur sans avoir besoin de l’autre. Je ne te dis pas que tout est réglé, et que c’est bonheur et arc en ciel dans la maison. Cela m’arrive encore de pleurer (bon ok, je pleure très facilement, j’ai pleuré en regardant Vaïana!), mais mon bien-être dépend beaucoup moins des circonstances extérieures. 

Je me suis longtemps demandé : « pourquoi? Pourquoi j’ai choisi cette expérience de vie là. » Et j’ai enfin eu ma réponse : pour me faire grandir et évoluer rapidement ! 

Maintenant la peur et le manque de connaissances ne sont plus des freins pour moi, je me sens capable de tout faire, du moment que cela me correspond.

Je ne souhaite cette situation à personne mais si je n’avais pas vécue tout ça, est-ce-que je passerais cette porte, et prendrais ce chemin qui s’ouvre à moi aujourd’hui? Pas sûre. 

La société…. Pas du tout adapté aux parents solos, pourtant de plus en plus nombreux !

La société est faite pour les familles, en France c’est en plus une valeur forte. Sauf que la notion de famille bouge, évolue, mais pas la société et le regard des gens.

Beaucoup de parents solos se retrouvent isolés socialement après une séparation, encore plus ceux qui n’ont pas la garde alternée, beaucoup avaient des amis communs avec leur ex-compagne/compagnon et les voient donc beaucoup moins. Certains sont loin de leur famille et se retrouve seul à la séparation. Comment est-ce encore possible en 2017!

Les horaires des modes de garde ne sont pas adaptés.

La justice n’est pas adaptée (je rencontre encore des femmes dont l’ex ne paie pas la pension alimentaire ou donne très peu, doivent assumer financièrement, et n’ont aucun recourt!)

Je ne te parle même pas quand tu veux trouver une location… Ma propriétaire m’a demandé de quitter la maison quand je me suis séparée car elle voulait un couple, et m’a encore précisé il y a quelques mois qu’elle ne voulait louer qu’à des couples. Ceci est notre réalité!

Acheter ?

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Sérieusement? Tu veux acheter une maison? Mais tu es seule!

Je n’ai jamais lu, dans les livres de parentalité bienveillante, un chapitre concernant les familles monoparentales. 

Je n’entends jamais les webmarketeurs parler de solutions spéciales mampreneur solo ou pap’preneur solo.

Pourquoi ?  Car nous ne sommes pas assez nombreux ? Car cela ne rapporte rien de parler de nous ? Trop de temps pour peu de retour ? Sommes-nous donc considérés comme des « produits » ayant peu d’intérêt ?

Pour moi, il est important que les parents solos se soutiennent pour faire valoir de nouveaux droits et faire bouger les choses ! Si nous attendons que les choses bougent d’elles-mêmes, nous pouvons attendre longtemps! Chacun a le droit à avoir ses besoins nourris, peu importe le statut. 

Les médias s’y intéressent de plus en plus. Des communautés se créent sur internet et en IRL, le monde bouge, à nous d’y mettre notre patte.

Quelques ressources

Sur facebook, tu trouveras de nombreux groupe de parents solos, il suffit de taper : parent solo, puis le nom de ta préfecture. Ou tout simplement le mot parent solo.

Tu as aussi cette page facebook, sur laquelle tu trouveras des infos et des partages sur ce sujet, mais pas que : https://www.facebook.com/pasisolo/

Comme je te le disais, cet article est basé sur ma propre expérience. Chaque parent solo à la sienne.

Si tu lis cet article et que tu es parents solo, je t’invite à me partager ton expérience en commentaire.

A Propos de l’auteur

DelphineM
Je suis la co-fondatrice de De Coeur à Soi. Je suis également thérapeute énergéticienne, formatrice, facilitatrice en communication d’âme et des mondes subtils, mampreneuse, infirmière en stand by, et j’en passe, je suis tout plein de choses qui me font MOI.

Mes passions : le développement personnel, la spiritualité, l’alimentation saine, l’écologie, et surtout profiter de la vie !

Exprimer qui on est et surtout se l’autoriser et important pour moi, c’est pour cela que j’ai co-créé De Coeur à Soi.

Retrouves moi aussi sur http://delphinemeyer.fr/ et sur https://www.facebook.com/joie.a.decouvrir/

2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Anne dit :

    Coucou Delphine, et bien me voilà Mam’solo’entrepreneuse. Je viens de le décider aussi, mais j’avoue que j’ai peur ! Les disputes des enfants entre eux, ma situation financière, aucune famille à côté, peu d’amis à côté aussi, bref, un saut dans le vide.

    Merci de ton témoignage, ça fait du bien de savoir que d’autres s’en sortent. <3

    1. DelphineM DelphineM dit :

      Et oui c’est ça, un saut dans le vide!
      Regarde si, sur facebook, tu as un groupe de parent solo dans ton département, sinon tu en as des nationaux. C’est bien aussi pour se faire épauler.
      La page que j’ai mise donne plein de ressource interessante aussi.
      Et surtout, tu sais que je suis là, donc n’hésites pas!

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